Catherine MACROGLIESE

saltSCAPES

MONTÉLIMAR - Centre ville

Galerie LE QUAI

Tous les jours : 14h30 – 19h
17 boulevard du Fust
© Catherine Marcogliese 1-W1080

Paysages de sel tirés en technique ancienne sur papier salé – ces images sont prises sans plusieurs salins de la Méditerranée : Ibiza, Milos, Trapani et la Camargue.
Cette technique de tirage, parmi les plus anciennes, a été développée par Henry Fox Talbot dans les années 1830 et utiliisée jusqu’en 1860 : le papier est rendu photosensible avec un traitement de sel et argent de nitrate. Après avoir travaillé 2 ans sur les salins de la Méditerranée, je me suis intéressée à ccette technique qui établit un lien logique entre le sujet et la méthode du traitement. En outre, cette technique donne aux images une patine d’antan, tout comme les sites eux-même qui sont, pour la plupart, en production depuis des siècles ; par exemple il y a des signes d’activité aux Salins d’Aigues Mortes qui datent de l’antiquité.
Ces tirages ont une qualité de surface qui transforme l’image photographique en objet ou artefact. Ainsi, l’image n’est pas simplement une documentation d’un paysage spécifique. Dans l’instabilité inhérente de cette technique, nous pouvons voir l’instabilité du paysage lui-même et ses caractéristiques éphémères : même dans notre région du sud, il y a des salins qui ne sont plus en production, comme ceux de Hyères ou des îles d’Embiez. Ailleurs, comme à Venise par exemple, les salins ont été engloutis par la mer. En tous cas, pour maintenir ce paysage, il faut lutter constamment contre les forces de la nature.
Cet air de nostalgie qui imprègne des image reflète de mes sentiments sur un paysage qui est le résultat de l’intervention humaine, et qui va, à son tour, disparaitre au moment de la cessation de cette activité.

Tirages au nitrate d’argent sur papier Arches Platine salé, 12×12 cm

Artiste plasticienne d’origine Canadienne, Catherine Marcogliese a fait sa formation en peinture et histoire de l’art à l’Université Concordia à Montréal. Dès son arrivée en France en 1988, elle a commencé à intégrer des objets trouvés et des images photographiques dans ses peintures, en jouant sur la représentation du réel. Aujourd’hui elle travaille la photographie directement. Cependant, en conservant les aspects picturaux de la peinture, elle travaille les images afin de pousser la photographie plus loin qu’une représentation purement narrative. Dans son approche, la photo numérique permet à l’artiste de manipuler l’image pour créer une réalité plus abstraite et personnelle, en soulignant les éléments plastiques de l’image, tels que la forme et la couleur, ou la planéité du support et de l’espace.
Le paysage et l’environnement, naturel ou construit, sont les thèmes principaux que l’artiste traite dans son travail. Fondamentale dans son traitement du sujet de la nature, est la notion que notre regard vers elle n’est ni direct, ni libre des influences de nos vies modernes. En conséquence, elle photographie, par exemple, le paysage à partir d’une voiture en mouvement : l’image devient floue donnant une « impression » du paysage distordu par la vitesse. Elle présente ces regards fugaces sur notre environnement, avec des éléments naturels encadrés par des structures artificielles comme des tunnels, des rues, des bâtiments, des panneaux. Il s’agit donc du paysage vu dans un contexte urbain contemporain.

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