Denis BRIHAT

Du 18.11.16 au 04.12.16 / Espace d’art espace Chabrillan

… Regarder à hauteur de brin d’herbe, notre véritable dimension.



 Photographies 1955-2002

À la chapelle Chabrillan nous suivrons le parcours d’un photographe qui, tout jeune, bouleversé par la première grande exposition d’Edward Weston à Paris en 1950, fait le choix exigeant d’engager sa vie entière dans la « voie de la photographie pure ». Depuis plus de cinquante ans, il vit son métier comme une ascèse destinée à « rendre la substance et la quintessence de la chose elle-même » (E. Watson).

« Je suis un homme de métier, c’est ma noblesse et j’y tiens : la belle ouvrage est déjà de la poésie en soi ». Pour Denis Brihat, seul importe ce « dialogue avec la matière » qui nous fait être. Il s’agit d’une philosophie de la vie. Son œuvre nous émerveille : « … car ces légumes, ces fruits, ces fleurs, ces herbes, ces brins d’éphémère sont la preuve que nous sommes encore vivants si nous savons regarder à hauteur de brin d’herbe, notre véritable dimension ».

Sa carrière est aujourd’hui internationale. Ses photographies ont été exposées à travers le monde, du MoMA (New York) au Victoria & Albert Museum (Londres), du Musée de l’Élysée (Lausanne) au Palais de Tokyo (Paris). Elles figurent dans les plus grandes collections publiques et privées.
 Sa monographie publiée fin 2015, aux Éditions Le bec en l’air, retrace son œuvre singulière qui s’inscrit dans l’histoire de la photographie contemporaine.


Lieu : Centre d’art espace Chabrillan

Ancienne chapelle Chabrillan, 127, rue Pierre Julien, 26200 Montélimar
Téléphone : 04 75 52 10 84

Samedi et dimanche : de 10h à 12h & de 14h à 18h
Lundi à vendredi : de 14h à 18h

Vernissage vendredi 18 novembre à 18h30
Denis Brihat animera une table ronde, samedi 19 novembre, à partir de 9h30 à la médiathèque Maurice Pic sur le thème « Une vie, une oeuvre ». 
Il participera à la rencontre dédicaces, à 11h00 au théatre municipal.


Biographie de Denis Brihat

Né à Paris en 1928, Denis Brihat a d’abord pratiqué la photographie de reportage et d’illustration.

En 1957, son travail réalisé en Inde (1956-57) lui vaut le prix Niepce.

En 1958, il s’installe définitivement en Provence. Il se consacre dès lors à une photographie – destinée au mur – et dont le principal sujet sera la nature. Depuis, et dès le début des années soixante, il n’a cessé d’exposer.

Paris :

Musée des Arts Décoratifs,
Galerie La Demeure,
Galerie Suisse,
Galerie Agathe Gaillard,
Palais de Tokyo,
Camera Obscura.

France :

Galerie du Château d’Eau,Toulouse,
Musée Nicéphore Niepce, Châlon-sur Saône,
Musée Cantini, Marseille,
Galeries Alexandre de la Salle (Saint-Paul-de-Vence) et Michael Aalders,
Galerie de la Gare (Bonnieux),
Musée de Vendôme,
Centre d’Art Campredon, L’Isle sur la Sorgue,
Théâtre de la Photographie et de l’Image, Nice,
Maison de la Photographie, Toulon.

U.S.A :

Musée d’Art moderne de New-York,
Maison française de l’Université de New York,
Galerie Witkin, New-York,
Galerie Candace Dwan, New-York,
Galerie Amy Saret, Palo-Alto et Sonoma (Californie),
Galerie 291, San Francsico (Californie),
Galery Naylia Alexander, New-York.

Suisse :

Musée des Beaux-Arts de Neuchâtel,
Le Musée de l’Élysée (Lausanne),
Galeries Portfolio (Lausanne), Suzanne Kuepfer (Bienn), Focale (Nyon), AD Gallery (Genolier).

Angleterre : Anne Bertoud Gallery.

Espagne : Galerie Kowasa, Barcelone.

Hollande, Italie, Belgique, Allemagne, Japon.

Dès les années 1968, Denis Brihat s’est intéressé à l’enseignement de la photographie. Il a, durant de longues années, formé de futurs professionnels dans son atelier de Bonnieux, mais aussi dans divers stages en France comme à l’étranger, et il a créé le cours de photographie à School of the Arts à Lacoste (84480).

En 1998, il arrête toute forme d’enseignement pour se consacrer à son œuvre.

En 1987, Denis Brihat reçoit le Grand Prix de la ville de Paris pour l’ensemble de son œuvre.

Parmi les expositions les plus récentes :

2011 : Denis Brihat 1958 -2011, au Centre d’Art Campredon de L’Isle sur la Sorgue.

2012 : Théâtre de la Photographie et de l’image de Nice,
Jardin d’été et L’art de voir les choses : artistes de la galerie, Galerie Camera Obscura, Paris,
Eclats d’infini, AD Galerie à Genolier ( Suisse)

2013 : Centre Atlantique de la Photographie de Brest ?
Maison de la photographie de Toulon,
Musée d’histoire naturelle de Bayonne (2013),

2014 : Fabrique du Pont d’Aleyrac (avec Camera Obscura),
Galerie Retour de voyage, L’Isle sur la Sorgue : exposition de groupe.
Cosmos of Denis Brihat : Nailya Alexander Gallery, New-York.

2015 : La main, artistes de la galerie, Camera Obscura, Paris.
Les Photaumanales de Beauvais,
Galerie Librairie Actes Sud, Maupetit, Marseille.

2015-2016 : Galerie Camera Obscura, Paris,
Foires de photographie de Los Angeles, Londres et Miami (présenté par Nailya Alexander).

Mars – mai 2016 : Naylia Alexander- Gallery, New-York.

Avril-juin 2016 : Musée de Gajac-Villeneuve sur Lot.

Ses photographies sont dans les grandes collections publiques et privées :

Bibliothèque nationale – Paris.
Fond national d’art contemporain – Paris.
Frac du Languedoc-Roussillon.
Frac de Provence Alpes-Côte d’Azur
Centre Pompidou – Paris.
Théâtre de la Photographie et de l’image de Nice.
Maison européenne de la photographie – Paris.
Musée Cantini -Marseille.
Galerie Kowasa – Barcelone
Photographer’s Gallery- Amy Saret – Sonoma ( U.S.A.)
Museum of Modern art – New-York.
Center for photography – Tucson (U.S.A)
Musée des Beaux arts de Neuchâtel (Suisse).
Fondation Michelle et Michel Auer – ( Suisse )
Victoria & Albert Museum de Londres ( Grande Bretagne )

 

Documentations audiovisuelles réalisées sur Denis Brihat :

– 1966 et 1969 : plusieurs émissions de télévision dont deux Chambre noire,  réalisées par Annie Aizieux et Michel Tournier.

– 1993 : cassette vidéo: interview de Denis Brihat par Jean-Claude Gautrand, en 1993, par Paris Audiovisuel pour la Maison Européenne de La Photographie.

– 2011 : Pierre-Jean Amar réalise la vidéo Denis Brihat : C’est en photographiant que je suis devenu photographe (26 mn).

Denis Brihat est représenté : en France, par la galerie Camera Obscura, Paris ; aux USA, par la Galerie Nailya Alexander, New-York.

Bibliographies, textes ou articles consacrés à Denis Brihat :

Portfolios :

1963 : Le Citron, 18 photographies en noir et blanc ,tirées par l’auteur à 50 exemplaires.

1978 : Coupe de truffes, 12 photographies en noir et blanc rehaussées d’une gravure photographique,

tirées par l’auteur 30 exemplaires.

1988 : Le nez dans l’herbe, 12 photographies en noir et blanc, rehaussées d’une gravure photographique, tirées par l‘auteur à 16 exemplaires . Editions Ottezec.

2001 : Toute fleur n’est que de la nuit, livre d’artiste, 4 photographies tirées par l’auteur, textes de

Philippe Jacottet. Editions Fata Morgana.

2015 : Sables, 7 photographies, tirages jet d’encre à 30 exemplaires, avec une préface de Gérard Macé.

Livres :

2005 : Denis Brihat  Le jardin du monde  . avec des textes de Charles -Henri Favrod, Michel Tournier, Paul Jay. Editions Le Temps qu’il fait.

2011 : Eclats d’infini , avec des textes de Pierre-Jean Amar, Jean-Pierre Sudre , Georges Monti Editions Le temps qu’il fait.

2013 : Premières années en Provence, préface de Marc Dumas  Editions Le Bec en l’air.

2015 : Denis Brihat 1955- 2012 .avec des textes de S. Brihat, Alain Paire, Didier Brousse, François Cheval .Editions Le Bec en l’air.

Extraits de textes ou articles consacrés à Denis Brihat

François Cheval, conservateur en chef du musée Nicéphore Nièpce, Chalon-sur Saône, commissaire d’exposition :

Le photographe compose une matière à partir de prélèvements de réel qui devient, en tant que substance, l’âme même de la photographie. Il développe, notamment dans les portraits de végétaux, le principe de concentration. Un citron, une tulipe, un oignon sont ce qu’ils doivent être, c’est-à-dire des créations en conformité avec l’idée ou la préscience. Ils détiennent une série de caractères nouveaux, presque indiscernables, qui modifient l’objet original tout en lui conférant une autre puissance vitale. L’objet est en fait un isolat dense, un camée enserré, qui s’expose fièrement. En dehors de tout contexte, il s’offre sous tous ses aspects, infime et délicat. Denis Brihat isole, par l’emploi de la couleur pure, une force interne qui provoque non seulement la rétine mais interroge le concept même de perception. Les coquelicots fripés, volants, ouverts ou couchés, ces pavots participent d’un dessein harmonieux. La tulipe noire, cet obscur objet de la vanité marchande, apparaît dans sa simplicité parfaite. Elle dispose d’une logique propre et préétablie qui n’est en rien celle d’autres photographies. Elle est unique et dotée d’une substance inimitable qui manifeste une force vitale immanente. Le hasard, banni de cette production, il n’y a pas un sujet qui ne soit le reflet de cette intuition ; l’existence d’un univers cohérent dont Denis Brihat détient les clés. (Monographie Denis Brihat, 1958-2012. Éditions Le Bec en l’air, 2015).

Didier Brousse, fondateur et directeur de la galerie Camera Obscura, Paris 

… La photographie de Denis Brihat est une recherche plastique qui fait une grande part au travail de la main, et c’est pourquoi il y a tant de comparaisons possibles avec la peinture et le dessin. Mais elle est éminemment photographique : le regard, la captation du monde par l’objectif, son interprétation dans la chambre noire, sont les bases et les moyens de sa création. Si l’on regarde l’ensemble de son œuvre, on voit que la nature fut certainement son inspiration principale : « Avec le recul des années, je constate que, même si j’ai traité de nombreux sujets, dit-il, il y a un lien évident, récurrent : c’est une étude systématique des formes, des structures, de l’architecture de la nature ». La recherche d’une harmonie, d’une beauté intrinsèque de la nature, de préférence dans ses manifestations modestes, à la portée d’un regard quotidien, et sa traduction dans une forme aussi parfaite que possible, voilà l’essentiel de la quête de Brihat, qui est aussi une célébration, une offrande visuelle, composée pour nous faire partager son émerveillement…

(Monographie Denis Brihat, 1958-2012. Éditions Le Bec en l’air, 2015).

Charles-Henri Favrod, fondateur et conservateur du Musée de l’Elysée de Lausanne 

Comme Francis Ponge, Denis Brihat a choisi le parti pris des choses, c’est-à-dire de restituer la nature en l’exprimant à la fois dans la jubilation et le retrait, en conservant la distance, mais en épousant si fort l’objet qu’il figure intrinsèquement dans sa réalité physique. Difficile d’exalter mieux la beauté que cette humilité. Pas de pathos, jamais. Une rigueur et une maîtrise constantes, un contrôle de soi qui étonne d’autant plus qu’il est au service de la révélation de la splendeur, de la magnificence du réel. Le tour de force est de faire oublier la technique et le travail préliminaires pour mettre en évidence l’obscur et l’invisible qui apparaissent soudain et s’épanouissent.

(Extrait de la préface du livre Le jardin du monde, 2005).

Michel Tournier, de l’Académie Goncourt 

Regarder longtemps: c’est tout le secret de Brihat. On disait autrefois d’un enfant travailleur et intelligent qu’il était sage comme une image. J’ai longtemps été intrigué par ce rapprochement de deux des plus beaux mots de la langue humaine. Il y avait bien la rime, mais la raison? La raison qui apparente la sagesse et l’art des images, c’est peut-être dans cette maison rustique du Luberon qu’on en trouve la meilleure illustration. “

(Le crépuscule des masques, Éditions Hoëbeke).

Charles Estienne: grand critique des années 60

De part et d’autre du miroir : 1965 … que Brihat isole un détail d’un ensemble ou choisisse un insecte un objet, c’est toujours pour s’halluciner dessus… ce qui devrait donner mais ne donne pas une nature morte, l’émotion n’est jamais abstraite si l’écriture l’est. L’émotion coule de source, à plein bords, d’un violent, panique et j’oserai dire sanguin sens de la nature. (Catalogue publié en 1965, exposition Musée des Arts décoratifs, Paris).

 


To Top